Tom Boonen a créé la surprise, hier, quelques instants après l'arrivée. Vingt-quatre heures après avoir, comme attendu, abandonné son maillot jaune à l'Ukrainien Serhyi Honchar, le champion du monde venait de se faire dominer une fois encore au sprint, notamment par Robbie McEwen, 4e et premier du peloton. Désormais, l'Australien possède dix-sept unités d'avance sur le Belge au classement par points, ce qui peut être considéré comme un gouffre. "C'est fini, je ne sprinte plus !" a lancé un Tom Boonen particulièrement dépité.
Quelques instants auparavant, le Campinois avait lancé le sprint, puis s'était relevé assez vite et avait fini 9e, quasiment en roue libre. "On dirait un vrai débutant ! Je me suis regardé sur l'écran géant, je ne sais plus sprinter. Cela ne peut plus rien m'apporter, je préfère stopper et essayer autre chose. JJ'ai besoin de calme et de repos. e ne vais plus me mêler aux sprints massifs; je ne sais pas si ces défaites sont dues à moi ou à l'équipe, mais pour le moment, j'ai tout faux. Et franchement, le maillot vert, je n'en ai plus rien à faire."
Le porteur du maillot arc-en-ciel cherche des raisons à ses échecs répétés. "Je ne suis pas un type qui sprinte pour la quatrième place, je suis un gagneur", dira-t-il à son entourage en montant dans le bus de Quick Step. Mais pour ramener le maillot vert à Paris, il faut grappiller des points dans chaque occasion. Plus que vendredi à Vitré, quand, de rage, il avait shooté sur un sac et jeté son casque par terre peu après l'arrivée, c'est la déception qui l'habitait hier. Et une énorme lassitude psychologique.
Depuis Strasbourg et même bien avant, le champion du monde est sous pression et les quatre jours passés en jaune lui ont coûté beaucoup de forces, physiques et mentales. "J'avoue que je suis moins frais et en plus je joue de malchance, reconnaît-il. Mais j'ai toujours autant de confiance. Maintenant, je veux surtout pouvoir tout miser sur une étape. Je vais profiter du jour de repos et recharger mes batteries. Dans les prochains jours, je vais me focaliser sur un autre but. Qui sait, peut-être gagner une étape de montagne ?"
L'Anversois en a véritablement marre, et cela lui fait commettre des erreurs. Depuis que le Tour s'est élancé d'Alsace, les petits contretemps et fautes se sont succédé lors de chaque sprint et aujourd'hui, Boonen a perdu l'efficacité qui lui a permis de remporter dix-sept succès déjà cette saison, ce que personne n'a fait. "J'en ai assez de toujours ces mêmes questions , poursuit-il. Cela fait un an que je dois toujours tout réussir. Je voudrais que plus rien ne me soit obligé." Aux gens de son équipe, Tom Boonen assure depuis le prologue qu'il était en pleine forme. "J'ai des jambes pour gagner le Tour des Flandres et je ne suis même pas capable de gagner une étape du Tour, c'est à n'y rien comprendre..."




